peremptus
Les faits rapportés dans ce blog sont aussi vrais qu'une promesse électrorale.
Le 16/12/2013 à 00:52

Droits de l'homme

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance...

Déclaration universelle des droits de l'homme, article 12.

Le 09/12/2013 à 10:08

De l'interception des communications

L'article 13 de la loi de programation militaire 2014-2019 introduit pour le gouvernement un pouvoir d'interception des communications quasi discrétionnaire. J'ai rédigé ces commentaires en novembre, sans les publier faute de temps. C'est aussi par manque de temps pour les éventuelles conséquences juridiques que j'ai censuré 2 noms d'entreprises dans ce billet.

La première chose à bien comprendre est que les lois en matière de renseignement ne sont pas là pour créer de nouvelles pratiques ou techniques, mais pour entériner et légaliser les essais et habitudes en cours.
La "sollicitation du réseau" est pratiquée sur les transits de nom d'un opérateur de télécommunication français et particulièrement sur les équipements nom d'un fabriquant français d'équipement réseau depuis plusieurs années. C'est par ce biais que sont intercépetés à relativement grande échelle les communications nationales par la DGSE depuis 2008. Et c'est ce qui est pratiqué au niveaux du transit extérieur, via les fibres sous-marines et encore un peu les ondes. C'est exactement la méthode NSA et GCHQ, vers qui nous routons une grande part de ces interceptions.
Donc rien de nouveau, il fallait juste donner un "cadre légal" avant que ça ne sorte. Ce qui allait forcément arriver vu que les américains se sont fait prendre.
Est-il choquant de donner à des ministres civiles (budget, etc.) des pouvoirs d'interception qu'ils pratiquent jusqu'ici sans l'avouer? Pas plus que de le faire par un cavalier législatif (un article purement civil dans une loi de programmation militaire). Après tout, on peut bien s'asseoir sur la constitution quand il s'agit d'assouvir le peuple.

La seconde chose est de comprendre ce qui est un anachronisme et une incompétence technique, non pas des états mais des commentateurs.
L'interception d'un message quel qu'il soit (du microfilm à une frontière de l'URSS au paquet d'octets dans une fibre transatlantique) n'a que 2 intérêts: savoir qui communique avec qui, et savoir quel est le message.
Protéger le contenu du message sur sa durée de vie utile est simple (tout comme empêcher sa falsification en cas d'interception). Assurer l'anonymat des corespondants demande une certaine rigueur mais est là aussi assez simple.
Les personnes qui savent qu'elles ont des choses à cacher ne sont donc pas concernées. Croire que tout ça c'est pour attraper du terroriste ou du pédophile est anachronique et techniquement débile.
À part quelques bisournours et députés, on sait donc tous que les états ne dépensent pas de tels budgets pour trouver au milieu de petabytes quotidiens de données ce qui ne sera pour eux au final que quelques dizaines d'octets quasi aléatoires.
La NSA ne dépense pas des milliards pour intercepter des communications de terroristes qui en fait communiquent par un lent et complexe maillage de bouche à oreil.
La DGSE ne dépense pas des millions pour juste pour savoir qu'un ado a été assez con pour fréquenter des forums djihadistes.

Les commentateurs crient au loup pour ce qui risque d'arriver après, sans comprendre que c'est ce qui se passe. Car ils ne veulent pas admettre que ce que les états interceptent c'est ce qu'ils cherchent vraiment: nos communications, toutes nos communications.

C'est dans la nature même de tout système centralisé.

Il y a comme une loi physique qui depuis l'époque romaine tend à ce que le potestas se concentre. Et c'est presque une seconde nature pour ses détenteurs d'écarter les contrepouvoirs, freins à cette concentration.
Le pouvoir français a par exemple de tout temps rejeté la notion de provocatio. Il n'y a même pas d'habeas corpus comme chez les anglo-saxons: le droit de ne pas être emprisoné sans jugement n'existe pas chez nous.
Quand au provincia, il est de bon ton de s'assoir dessus depuis des années. Pour nos politiques, la constitution ça n'est que de la phylosophie.

Le contrepouvoir le plus dangereux reste la libre pensé et surtout sa transmission.
Sous l'ancien régime il existait un décret interdisant de fermer l'arrière boutique d'une imprimerie avec plus qu'un simple loquet. Le pouvoir devait à tout moment avoir la capacité d'entrer et de contrôler ce qui s'imprimait, les idées qui se transmettaient.
Les interceptions et collectes de données en masse ce n'est rien d'autre: s'assurer la capacité de contrôler les idées qui se transmettent.

Le 01/08/2013 à 08:55

Barbouze

A la suite des préconisations du Livre blanc de 2008, nous avons pu développer un important dispositif d'interception des flux internet.

M. le préfet Érard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure (Assemblée Nationale, mercredi 20 février 2013)

S'il y a un sujet que la presse française refuse d'aborder c'est la sphère du renseignement. Je veux dire les vrais renseignements, militaires. Et pourtant les révélations d'Edward Snowden sur les méthodes de la NSA auraient dû éveiller un peu plus de curiosité.

La France ne fait pas exception dans le partage d'informations avec l'agence américaine. Le lien est même simple à faire. La DGSE partage avec les services fédéraux allemands des bases de renseignement électronique. Les services allemands ont reconnu ces derniers jours partager ces bases avec avec les services américains (ce n'etait pas vraiment un scoop). Une connexion comme ça est même à la portée d'un pigiste.

On peut même se poser des questions plus directes. La NSA a été jusqu'à financer les services anglais pour s'assurer la connexion aux réseaux et fibres partant d'Angleterre. L'autre partie des fibres transatlantiques part de France, ainsi qu'une importante liaison vers l'Inde. Ces liaisons sont interceptées par une DGSE au petit budget de 650 millions d'euros.

Mais rien, pas un mot et pas une question. Ce que je peux comprendre. Il y a le journaliste qui se fait cambrioler... juste son ordinateur. Celui dont la voiture explose dans un accident... avant le choc. Les gens qui enquêtent sur le monde du renseignement ont vraiment la poisse en ce moment.

Sans même parler de ceux arrêtés pour leur faire révéler leurs sources, sources pourchassées et jugées avec des méthodes qui feraient rêver Staline.

Quand on voit que les gas sont revenus à des enlèvements, le mec poussé dans une camionnette en pleine rue en Italie. Un vrai film de barbouze on vous dit! Pas un temps à mettre un journaliste dehors.

Mais bon rassurez vous. La presse anglo-saxonne faisant un peu trop de bruit, on va vous trouver une belle menace, évitée comme par miracle par toutes ces écoutes et autres méthodes grossières. Pour preuve que tout cela est nécessaire.

Et ce jour là, regardez bien qui va réagir à la menace. La liste sera exactement celle des pays collaborant avec la NSA: l'Angleterre, l'Allemagne et... la France.

Le 26/07/2013 à 13:46

Citation du jour

Often the best source of information about waste, fraud, and abuse in government is an existing government employee committed to public integrity and willing to speak out. Such acts of courage and patriotism, which can sometimes save lives and often save taxpayer dollars, should be encouraged rather than stifled. We need to empower federal employees as watchdogs of wrongdoing and partners in performance. Barack Obama will strengthen whistleblower laws to protect federal workers who expose waste, fraud, and abuse of authority in government. Obama will ensure that federal agencies expedite the process for reviewing whistleblower claims and whistleblowers have full access to courts and due process.

Barack Obama (change.gov, 2008)

Le 17/07/2013 à 09:40

Citation du jour

Qu'est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan? Qu'est ce qui peut être plus laid que cette religion ?

Inna Shevchenko, Mariane symbole de la France (twitter, mardi 9 juillet 2013)

Le 21/06/2013 à 13:37

Citation du jour

Aucun de ces travaux n'a mis scientifiquement en évidence une quelconque dangerosité liée à la présence d'uranium dans ces armes (obus-flèches perforants à l'uranium appauvri).

Jean-Yves Le Drian (Journal Officiel Sénat du 20/06/2013 - page 1867)

L'Uranium a une forte pyrophoricité. Lors de l'impact il est pulvérisé dans l'habitacle du véhicule visé et s'enflamme. Des particules et cendres radioactives sont dispersées dans l'air lors de l'explosion qui s'en suit, ou lors de l'explosion de l'obus lorsque la cible est ratée. Ces cendres sont alors respirées par les militaires présents ou se dirigeant vers la zone d'impact.

Une poussière d'Uranium de 1µm dans un poumon provoque autour d'elle une irradiation supérieur à 6rem/an, soit plus de 5 fois la limite autorisée pour le personnel d'un centrale nucléaire.

Le 10/06/2013 à 23:43

Valeurs de gauche

À écouter les commentaires des uns et des autres, les skinheads violents c'est la faute à la Barjot et aussi à l'UMP.

Parce que c'est bien connu, les skinheads avant ils étaient moins violents, et ils ne se mettaient pas sur la gueule avec des mecs de gauche tous les week-end.

Continuez de croire que les tentatives d'extension (peu réussies) de certains groupuscules en 2008 sont dues aux discours haineux de la droite à la dernière présidentielle... de 2012.

Continuez d'ignorer que le FN s'est ramolli comme papa depuis 2008.

Continuez de croire que la recrudescence de violences très à droite comme très à gauche depuis 2011 est due à l'opposition au mariage pour tous... en 2013.

Continuez d'ignorer que fifille a fait un gros ménage de skinheads en 2011, mettant au banc les paumés que vous accusez aujourd'hui.

Continuez de croire que l'UMP fait le jeux du FN.

Continuez d'ignorer que la réserve de voix du FN ce sont les électeurs du PS.

Continuez, et la droite se dira qu'en effet la gauche elle, elle a des valeurs au moins. La preuve: sa connerie a permis de défendre les valeurs du féminisme en faisant élire la première femme président.

Le 08/06/2013 à 22:32

École et numérique

Ce billet est une suite aux échanges que j'ai eu cette semaine avec un ami de lycée. Philosophe, professeur, et je l'espère toujours écrivain. Il m'a appris à lire, malheureusement pas à écrire. Bien qu'adolescent, il a marqué ma façon de penser comme peu de gens. Sans le savoir il fut donc un de mes meilleurs professeurs.

Comme il faut parler d'école, je vais commencer par le point Godwin de la conversation avec un enseignant.

Les enseignants en fait sont dans un état de ras-le-bol assez avancé et ne comprennent pas pourquoi c'est à propos de leur seul métier que dans l'esprit de tous la condition suffisante pour en être spécialiste est de ne pas l'exercer.

C'est un cliché malheureusement rempli de vérité: les professeurs ne vivent donc pas dans le même monde que nous. Le seul métier? Politique? Economiste? Sélectionneur de l'équipe de France? Médecin? Chef d'entreprise? Juge? Etc.

Deux clichés valent mieux qu'un : l'avis, le jugement des autres c'est ce qui fait évoluer. Il faut non seulement l'accepter, mais cela doit être enseigné.

N'oublie pas que sur l'informatique à l'école, tu parles à un gentooiste ultratechnophile mais qui par ailleurs n'adhère pas à la thèse selon laquelle parecqu'un outil est admirable alors il faut l'utiliser partout.

C'est je crois le point de disruption de notre société. L'outil informatique est déjà partout. Les élèves vivent avec, en permanance. On peut se demander si c'est bien ou pas, pour qui, pour quoi. Bla bla. Moine copiste, vendeur de bougie. C'est trop tard, c'est là, partout.

Aujourd'hui les professeurs se demandent si l'informatique c'est bien dans leur matière, dans quel but. Les élèves eux ont déjà trouvé, parfois même inventé le comment.

La question n'est pas de savoir si l'informatique est utile à l'enseignement. L'informatique fait déjà partie de l'instruction. La question n'est pas quelle place doit prendre le numérique dans l'enseignement. La question est de savoir quelle place l'enseignement prendra dans le numérique.

Je l'ai dit plus haut: l'avis des autres c'est la clé. Vous voulez savoir comment utiliser le numérique dans votre enseignement? Demandez à vos élèves comment ils l'utilisent actuellement. Si ça vous parait bien: participez. Si ça vous parait perfectible: proposez leur vos idées et mettez les en oeuvre avec eux. Si ça vous parait mauvais: corrigez l'outil, avec eux.

Mais par pitié: arrêtez de croire que ces choses doivent venir d'une réforme. Vous n'êtes pas des représentants de commerce pour gadgets Microsoft.

L'école n'est ni un magasin, ni une entreprise, ni même un service public.

L'école est une des formes de l'instruction, de la transmission du savoir. Se poser la question de l'utilité du numérique dans l'éducation c'est enfermer l'instruction dans des lieux. Pour faire une mauvaise image: l'école analogique, non connectée, c'est le DRM du savoir.

Le savoir doit être librement accessible. Créer et utiliser les outils pour le diffuser est une obligation morale pour l'école.

Nous devons accepter de partager librement et pleinement nos connaissances et nos outils de transmission du savoir en ouvrant nos écoles vers l'extérieur. Professeurs, n'attendez pas qu'on vous dise ce que vous avez le droit de faire: diffusez vos cours, vos travaux de préparation, vos méthodes, les outils que vous utilisez, si besoin les méthodes pour les reproduire.

Et sachez le: chaque année scolaire où vous ne le faites pas, vos élèves tueront un chat.

Mise à jour du 9 juin 2013

Il parait que je suis complètement à l'ouest, dans un mépris total des faits. Voici des faits.

L'utilisation du numérique comme outils pédagogique peut améliorer la qualité de l'enseignement et le niveau des élèves. Cela fonctionne déjà dans des établissements en France, et à l'étranger. Les résultats sont non seulement encourageants, mais il n'y a pas besoin de réforme ou de budget important pour le faire.

Diffuser librement l'ensemble des ses cours sur internet permet de révolutioner le déroulement même des cours, et d'améliorer là encore la qualité de l'enseignement et le niveau des élèves. Cela se vérifie dans des collèges et des lycées. Et toutes les grandes universités s'y sont mises.

Il parait aussi que tout cela n'est pas à même d'aider à résoudre les problèmes fondamentaux de l'école:
1. savoir rester assis sur sa chaise
2. savoir lire
3. savoir effectuer une addition, une soustraction, une multiplication et une division
4. savoir identifier un complément d’objet

Savoir rester assis sur sa chaise

Un sujet qui m'intéresse, plusieurs enfants de ma famille étant atteint de TDHA.

Savez-vous quelle est la première méthode qu'a recommandé le docteur de mon neveu, à son entrée au collège, pour l'aider à focaliser sont attention en cours? Emmener un ordinateur en cours et prendre ses notes avec.

J'ai eu plusieures échanges avec ma meilleure amie qui a travaillé sur le sujet pour le CNRS, et qui m'a confirmé la réalité scientifique de cette méthode.

Si ça ce n'est pas une piste à approfondir...

Savoir lire

Grâce à l'informatique on peut apprendre à lire aux personnes jusque là privées d'école, et on peut améliorer l'éducation de ceux dont les écoles ont peu de moyens. Petit j'envoyais du riz en Ethiopie, aujourd'hui j'envoie des ordinateurs aux enfants.

des enfants illettrés s'éduquent seuls avec une tablette

Si un enfant peut apprendre à lire tout seul avec une tablette, vous ne pensez pas qu'avec les bonnes méthodes, des tablettes plus un professeur pourraient faire des miracles?

Savoir effectuer une addition, une soustraction, une multiplication et une division

S'il y a bien un domaine où on ne peut nier l'apport de l'informatique ce sont les mathématiques, quel que soit le niveau.

Je n'ai pas appris à compter à l'école. Et pour m'apprendre à calculer, mon père a (entre autre) utilisé un ordinateur. C'était en 1984, je suis nez en 1977.

À ma grande surprise, en première section de maternelle mon fils de 4 ans apprend à compter. Et parmi les outils pour les aider à faire le lien entre les chiffres et la notion de quantité (il faut commencer par là et croyez-moi, à cet âge là ce n'est pas gagné), la maîtresse utilise un ordinateur. En plus des doigts et des dessins bien sur. À la maison il peut librement utiliser des petits jeux d'apprentissage sur une tablette. Il compte des objets, dessine les chiffres, et je l'ai surpris à aller jusqu'à 16 l'autre soir.

Savoir identifier un complément d’objet

Vous l'avez surement remarqué, c'est un sujet sur lequel je suis beaucoup moins bien placé. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'école analogique des années 80 n'a pas réussi à m'apprendre l'orthographe, à peine mieux pour la grammaire. Par contre j'ai comme beaucoup appris d'autres languages, tout seul avec un ordinateur.

Un adolescent apprend à soigner certains cancers, en se formant tout seul dans son coin avec son ordinateur. Et la liste peut être très longue.

Et vous voudriez me faire croire qu'on peut faire tout ça tout seul avec un ordinateur, mais qu'une fois mis dans les mains d'un enseignant on ne peut pas améliorer l'apprentissage du français?

Je crois que c'est le quipropo de cette discussion. Le fait que l'informatique va révolutionner l'enseignement, dans le sens du progrès, est une certitude. Ce que doivent faire les enseignants aujourd'hui c'est inventer les usages, expérimenter de façon autonome ou avec l'aide de leur établissement si celui-ci coopère. Et surtout ne pas attendre que cela vienne d'une réforme. J'aimerai rencontrer plus de hackers de l'enseignement!

Et le but de mon premier propo, surement maladroit, était de dire:

Le 08/06/2013 à 10:05

Citation du jour

La crise dans la zone euro est terminée.

François Hollande (Tokyo, samedi 8 juin 2013)

Le 06/06/2013 à 21:05

Ivresse policière

Ivre, un policier envoie sa bouteille de vodka vide vers les manifestants pour qu'ils la lui remplissent.

un policier lance une bouteille Crédit photo Line Press - youtube

On a par ailleurs appris qu'il s'agissait du policier chargé du décompte des manifestants. La Préfecture de police a donc revu les chiffres en les divisant par deux.